Né en 1954 à Marrakech, le père de Mustapha Bakbou, le mâalem El Ayachi Bakbou, lui a enseigné cet art dès l'âge de 14 ans. Sa mère, quant à elle, est moqadma (voyante). Ses frères sont eux aussi devenus des maâlems reconnus. Mustapha a grandi dans une zaouia gnaoua, mais ne s'est pourtant pas intéressé à cette musique dans son enfance. Son père l'a alors incité à quitter l'école pour s'orienter vers la musique gnaouie, tout comme son frère Ahmed. Mustapha Bakbou a fait partie du célèbre groupe Jil Jilala, et a ainsi participé au mouvement musical folk des années 70. Il s'est produit sur de nombreuses scènes en Amérique, en Chine et en Europe.
Né en 1951 à Essaouira, Mahmoud Guinea commence à jouer à l'âge de 12 ans. Son histoire est intimement liée à celle des esclaves. Son grand-père paternel, d'origine malienne, fut vendu au Sahara. L'héritage se poursuit par son père Boubker Guinea, et désormais tous les membres de la famille Guinea sont Gnaoua. Il est incontestablement une des figures emblématiques de la musique gnaouie. Heureux temps où la « tagnaouite », apanage de quelques heureux élus, s'exprimait dans toute sa pureté cristalline. Non que Mahmoud soit hostile au métissage des musiques et sachant pertinemment que la musique gnaouie ne pourrait survivre et s'affirmer qu'en élargissant ses frontières, il ne se fait pas prier pour entremêler son art à celui de musiciens d'envergure : Carlos Santana, en 1992, Adam Rudolph, Will Calhun, Issaka Sow et tant d'autres, lors des différentes prestations du Festival d'Essaouira. Il a participé à de nombreux festivals en Espagne, France, Italie, Japon, Canada, Autriche, Norvège, Belgique, Pays-Bas... Mahmoud interprète son art dans le style marsoui (Essaouira). Il est de plus fabricant de guembri et de tambours.
Au sein de la confrérie des Gnaoua de Casablanca, il est un emblème et pour nombre de jeunes musiciens, une véritable icône. Pour l'anecdote, enfant, H'mida aimait à patauger dans l'eau, sa tante l'affubla alors du sobriquet "Boussou" ("poisson", en langue gnaouie). C'est avec elle qu'il prendra l'habitude d'assister aux nuits rituelles. Dès lors, le virus tagnaouite lui est inoculé. H'mida, alors âgé de 16 ans, est sacré maâlem. Pour subsister, H'mida choisit le métier de tanneur à Marrakech. En 1962, Boussou décide de retourner à Casablanca, dont le climat est réputé clément pour les Gnaoua. Le maâlem Sam y est au sommet de son art. Les deux hommes s'entendent comme larrons en foire. Leur duo fait sensation. Six ans après, ils se séparent. Boussou forme son groupe, avec lequel il fera des tournées en Algérie, en Italie, en France et en Belgique. Un savoir-faire repris de main de maître par son fils, Hassan, aujourd'hui installé en France, élevé lui aussi selon les préceptes gnaoua